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Droit Social / Sécurité Sociale / Conflits Collectifs
19 novembre 2021
Arnaud Blanc de La Naulte
Commercial - Contrats
14 novembre 2021
Laurent Courtecuisse
Droit Immobilier
10 novembre 2021
Laurent Courtecuisse
Droit Social / Sécurité Sociale / Conflits Collectifs
2 novembre 2021
Arnaud Blanc de La Naulte
Commercial - Contrats
10 octobre 2021
Laurent Courtecuisse
Commercial - Contrats
3 octobre 2021
Laurent Courtecuisse
M&A - Financements
25 septembre 2021
Laurent Courtecuisse
Droit Social / Sécurité Sociale / Conflits Collectifs 19 novembre 2021

LA DRH D’UNE FILIALE D’UN GROUPE NE PEUT LICENCIER LE DIRECTEUR GENERAL D’UNE AUTRE FILIALE 

Cass. soc., 20 octobre 2021, n°20-11.485 

Par une décision du 20 octobre 2021, la Cour de cassation rappelle le principe selon lequel l’employeur ne peut donner mandat à une personne étrangère à l’entreprise pour la mise en œuvre d’une procédure de licenciement.  

Au cas d’espèce, le directeur général d’une filiale d’un groupe a été licencié par la DRH d’une autre filiale du même groupe. 

Considérant que la DRH était une personne étrangère à son entreprise, le salarié a contesté la validité de son licenciement.  

Suite à la décision du CPH, la Cour d’appel a accueilli sa demande et a condamné la société au versement de diverses sommes au titre du licenciement sans cause réelle et sérieuse.  

L’employeur a ensuite formé un pourvoi. A son sens, la salariée d’une autre filiale pouvait procéder au licenciement du salarié d’une filiale du même groupe, sans qu’elle n’exerce ses fonctions au sein de la société mère.  

La Cour de cassation ne partage toutefois pas cette position. Elle constate que : 

  • la DRH n’avait pas pour fonction la gestion des ressources humaines de l’autre filiale ; 
  • elle n’exerçait pas non plus un pouvoir sur la direction de l’autre filiale.  
  •  

De ce fait, elle rejette le pourvoi de la société et statue que la finalité de l’entretien préalable et les règles relatives à la notification du licenciement interdisent à l'employeur de donner mandat à une personne étrangère à l'entreprise pour procéder à cet entretien et notifier le licenciement. 

La décision s’inscrit dans une lignée de jurisprudences en la matière qui font primer l’appartenance à l’entreprise de l’auteur du licenciement.  

Les juges suprêmes ont pu y apporter des nuances au sein des groupes de sociétés, en admettant que certaines personnes, ayant le pouvoir ou le mandat d’intervenir auprès d’autres entités du groupe, puissent procéder au licenciement de salariés relevant de filiales, telles que : 

  • le directeur du personnel engagé pour exercer ses fonctions au sein de la société mère et de ses filiales en France (Cass. soc. 19 janvier 2005, n° 02-45675) 
  • le président de la société mère (Cass. soc. 6 mars 2007 n° 05-41.378), 
  • le directeur financier titulaire d’une délégation de pouvoirs en matière de gestion du personnel (Cass. soc. 30 juin 2015 n° 13-28.146). 
  •  

Il est ainsi nécessaire que l’auteur du licenciement ait un lien suffisant (fonctions, pouvoir, mandat), et en tout état de cause « vertical », avec la filiale du salarié licencié.  

Auteur : Arnaud Blanc de La Naulte

Commercial - Contrats 18 novembre 2021

Conditions de validité d’une clause de non-concurrence afférente à une cession de droits sociaux

CA Paris., 21 octobre 2021, n° 18/21284 & Cass, com., 23 juin 2021, n°19-24.488

Il ressort de l’analyse de la jurisprudence récente rendue en matière de clause de non-concurrence que la qualité (1) ou non (2) de salarié du signataire d’un acte comportant une clause de non-concurrence est essentielle afin de déterminer les conditions de validité d’une telle clause au regard notamment de la nécessité d’une contrepartie financière, mais qu’en tout état de cause elle doit rester proportionnée aux intérêts légitimes à défendre.

1. L’impact de la qualité de salarié d’un signataire d’un pacte d’actionnaires

La Cour d’appel de Paris a eu récemment à juger (CA Paris., 21 octobre 2021, n° 18/21284) de la validité d’une clause de non-concurrence insérée dans un pacte d’actionnaire prévoyant notamment l’interdiction pour une période d’un an d'acquérir ou de posséder, directement ou indirectement, une participation dans une entité exerçant une activité concurrente, et ce sur tout le territoire  de l'Union européenne, et ce sans contrepartie financière.

A priori, rien de très original, sauf qu’en l’espèce, l’un des signataire de ce pacte d’actionnaires était également salarié de la société en question.

C’est cette circonstance qui a amené la Cour d’appel à considérer que, la société ayant une activité s’exerçant essentiellement dans la région parisienne, la clause portait atteinte à la valeur constitutionnellement défendue qu’est la liberté d’entreprendre.

Qu’en conséquence, cette clause était disproportionnée à l’égard de la défense des intérêts légitimes en présence.

Par ailleurs, la Cour d’appel de Paris a considéré que le signataire du pacte ayant la qualité de salarié, la clause de non-concurrence devait, à peine de nullité, être assortie d’une contrepartie financière.

Il s’agit ici d’une application stricte de la jurisprudence établie en la matière.

Sur ce point, elle a cependant jugé que cette contrepartie financière ne peut résulter de la seule qualité d'actionnaire de l'intéressé, étant précisé que la plus-value qu'il pourrait réaliser en vendant ses titres, outre qu'elle est purement hypothétique, constitue la contrepartie exclusive de cette qualité d'actionnaire.

En conséquence, ladite clause de non-concurrence, telle que stipulée au pacte d’actionnaires, était inopposable au signataire-salarié.

2. Les conditions de validité d’une clause de non-concurrence opposable à des cessionnaires non-salariés

Dans un arrêt du 23 juin 2021 (Cass, com, n°19-24.488), la Cour de cassation rappelle les conditions de validité d’une clause de non-concurrence insérée dans un protocole de cession de droits sociaux.

En l’espèce, les cédants avaient conclu avec le cessionnaire un protocole de cession des parts sociales d’une société ayant pour objet le commerce, la location et la réparation de tous matériels se rapportant à l’informatique.

Ce protocole contenait une clause de non-concurrence dans laquelle les cédants s’engageaient à ne pas s’intéresser aux mêmes activités, dans les régions Bretagne, Normandie et Pays de Loire pour une durée de 7 ans. Le protocole prévoyait également que l’un des associés cédant serait engagé par la société cessionnaire.

Le cessionnaire a été engagé peu après la signature de l’acte de cession de ses parts sociales et dans son contrat de travail, figurait une seconde clause de non-concurrence. Licencié moins de trois ans après son embauche, il a été libéré de cette seconde obligation de non-concurrence.

Les cessionnaires ont ensuite assigné le cédant pour demander la nullité de la clause de non-concurrence stipulée dans le protocole de cession de leurs parts sociales.

Au soutien de cette prétention, ils rappellent les principes selon lesquelles, d’une part, la promesse d’embauche vaut contrat de travail, et d’autre part, la validité d’une clause non-concurrence imposée à un salarié est subordonnée à la stipulation d’une contrepartie financière au bénéfice du salarié.

De là, et en raison de la stipulation dans le protocole de cession, à la fois de la promesse d’embauche et de la première clause de non-concurrence, les cédants affirment que cette clause devait recevoir une contrepartie financière.

La Cour de cassation confirme l’arrêt de la Cour d’appel de Rouen ayant rejeté les demandes des cédants.

Elle écarte leur argument en énonçant que c’est à bon droit que la Cour d’appel n’a pas soumis la validité de la clause de non-concurrence à la condition qu’elle soit assortie d’une contrepartie financière.

Ainsi, selon la Cour de cassation, il convient de ne pas assimiler la situation de l’associé cédant à celle du salarié, nonobstant la présence d’une promesse d’embauche dans le protocole de cession des droits sociaux.

Cette position réitère donc la jurisprudence de la Cour de cassation en la matière (Cass, com 12 février 2013, n°12-13.726 et Cass, com 8 octobre 2013, n°12-25.984), l’associé cédant n’ayant pas la qualité de salarié il n’est pas obligatoire de stipuler une contrepartie financière à l’obligation de non-concurrence.

La Cour de cassation contrôle et approuve donc la Cour d’appel au regard des conditions classiques de validité d’une clause de non-concurrence dans un acte protocole de cession de droits sociaux : la clause doit être « limitée dans le temps et dans l’espace et proportionnée aux intérêts légitimes à protéger ».

En conséquence, avant la signature de tels actes (pacte d’actionnaires, cession de droits sociaux) il est nécessaire de s’assurer, en tout état de cause de la proportionnalité de l’interdiction stipulée au regard des intérêts légitimes à protéger.

Mais aussi et surtout de l’absence de qualité de salarié du signataire, sans quoi, il sera nécessaire de modifier les termes de la clause et de prévoir une contrepartie financière.

Auteur : Laurent Courtecuisse

Commercial - Contrats 14 novembre 2021

Le promettant n’a plus la faculté de rétracter son offre durant le délai d’option

Cass, 3ème civ., 23 juin 2021, n°20-17.554

Dans un arrêt du 23 juin 2021 (Cass, civ3, 23 juin 2021, n°20-17.554), la 3ème chambre civile de la Cour de cassation effectue un revirement de jurisprudence concernant les promesses unilatérales de vente soumises au droit antérieure à l’ordonnance n°2016-131 du 10 février 2016.

Sous l’empire du droit antérieur, il était de jurisprudence constante que le promettant d’une promesse unilatérale de vente était débiteur d’une obligation de faire consistant à maintenir son offre durant le délai d’option laissé au bénéficiaire.

Or, l’article 1142 du code civil, dans sa rédaction antérieure à l’ordonnance du 10 février 2016, disposait que les obligations de faire ne peuvent se résoudre qu’en dommages et intérêts.

Ainsi, le promettant qui violait son obligation de faire, en retirant son offre avant l’expiration du délai d’option laissé au bénéficiaire, ne pouvait être sanctionné par l’exécution forcée de son obligation. Le bénéficiaire d’une promesse unilatérale floué par le retrait du promettant ne pouvait donc obtenir que des dommages et intérêts mais pas l’objet sur lequel portait la promesse.

Cette solution, concernant les promesses unilatérales de vente soumises au droit antérieur à l’ordonnance du 10 février 2016, était une jurisprudence constante (Cass, civ3 15 décembre 1993, n°91-10.199 ; Cass, civ3, 11 mai 2011, n°10-12.875 ; Cass, civ3, 6 décembre 2018, n°17-21.170).

L’arrêt rendu le 23 juin 2021 par la 3ème chambre civile de la Cour de cassation constitue un revirement de jurisprudence complet.

En effet, cette décision rendue au visa de l’article 1142 du code civil, dans sa rédaction antérieure à l’ordonnance du 10 février 2016, renverse la position précédente en énonçant que le promettant s’oblige définitivement à vendre dès la conclusion de la promesse unilatérale, sans possibilité de rétractation, sauf stipulation contraire.

La Cour de cassation avance ainsi que la vente est parfaite dès la levée de l’option par le bénéficiaire, dans le délai d’option qui lui est imparti.

Par conséquent, elle en déduit que l’article 1142 du code civil, dans sa rédaction antérieure à l’ordonnance du 10 février 2016, ne fait pas obstacle à ce que le bénéficiaire d’une promesse unilatérale de vente poursuive l’exécution forcée de la promesse lorsque le promettant s’est retirée pendant le délai d’option laissé au bénéficiaire.

Cet arrêt constitue donc un revirement de jurisprudence à propos des promesses unilatérales soumises au droit antérieur à l’ordonnance du 10 février 2016 et vient aligner cette solution sur celle retenue par l’ordonnance.

En effet, l’article 1124 du Code civil, dans sa rédaction issue de l’ordonnance n°2016-131, dispose que la révocation de la promesse unilatérale dans le temps laissé au bénéficiaire pour opter, n’empêche pas la formation du contrat promis. Le bénéficiaire peut donc en demander l’exécution forcée dans ce cas.

Par conséquent, le bénéficiaire qui a levé l’option dans le délai qui lui était imparti est fondé à poursuivre l’exécution forcée de la vente promise, malgré le retrait du promettant et ce, que la promesse soit soumise au droit antérieur, grâce au revirement de jurisprudent opéré par l’arrêt du 23 juin 2021, ou postérieur à l’ordonnance du 10 février 2016.

Auteur : Laurent Courtecuisse

Droit Immobilier 10 novembre 2021

Extension d'une terrasse installée sur le domaine public et déplafonnement du loyer

Cass. 3e civ., 13 oct. 2021, n° 20-12.901

L'extension, au cours du bail expiré, d'une terrasse de plein air devant l'établissement, installée sur le domaine public et exploitée en vertu d'une autorisation administrative, ne peut être retenue comme une modification des caractéristiques des locaux loués, dès lors qu'elle ne fait pas partie de ceux-ci.

Mais, en contribuant au développement de l'activité commerciale, cette extension peut avoir pour effet de modifier les facteurs locaux de commercialité.

Dans l’espèce présentée ici, des bailleurs avaient accepté le renouvellement du bail commercial dont une société, exploitant un commerce de restaurant-bar-brasserie, était bénéficiaire, moyennant la fixation d'un loyer déplafonné.

Ils ont, ensuite, assigné la locataire en fixation, selon la valeur locative, du loyer du bail renouvelé.

La cour d'appel rejette la demande tendant à la fixation d'un loyer déplafonné.

La Cour de cassation approuve la Cour d’appel en ce qu’elle a exactement retenu que l'extension, au cours du bail expiré, de la terrasse de plein air devant l'établissement, ne pouvait être retenue comme une modification des caractéristiques des locaux loués.

Toutefois, la Cour de cassation considère, au visa des articles L. 145-33, L. 145-34 et R. 145-6 du Code de commerce, que la valeur locative est déterminée notamment au regard des facteurs locaux de commercialité, dont l'évolution notable au cours du bail expiré permet, si elle a une incidence favorable sur l'activité exercée dans les locaux loués, d'écarter la règle du plafonnement du loyer du bail renouvelé et de le fixer selon la valeur locative.

Elle considère donc, contrairement à la cour d’appel, que l'autorisation municipale accordée, en permettant d'étendre l'exploitation d'une terrasse sur le domaine public, contribue au développement de l'activité commerciale, ce qui peut avoir pour impact de modifier les facteurs locaux de commercialité et constitue par là même un possible motif de déplafonnement.

Par conséquent, la Cour de cassation considère que la Cour d’appel aurait dû rechercher si cette extension avait eu un impact sur les facteurs locaux de commercialité.

Un impact sur les facteurs locaux de commercialité pourrait résulter de l’attraction d’une nouvelle clientèle qui consommerait non pas uniquement au sein de l’établissement pourvu d’une terrasse mais également dans les commerces alentours, voire qui attirerait de nouveaux commerces, type Food-trucks par exemple.

Auteur : Laurent Courtecuisse

Commercial - Contrats 6 novembre 2021

Statut du conjoint du chef d'entreprise et attestation sur l'honneur : les précisions de la DGE

Direction Générale des Entreprises, communiqué, 26 août 2021

Depuis le 1er septembre 2021, le conjoint travaillant auprès de son partenaire chef d'entreprise doit fournir une attestation sur l'honneur lui permettant de préciser son statut au sein de l'entreprise.

Depuis le 1er septembre 2021, le conjoint du chef d'entreprise, son partenaire de pacte civil de solidarité (PACS) et son concubin (uniquement dans l'agriculture), qui travaille régulièrement dans l'entreprise ou l'exploitation dirigée par son partenaire doit établir une attestation sur l'honneur pour confirmer le choix de son statut dans l'entreprise.

Cette attestation s’accompagne la déclaration du chef d'entreprise effectuée auprès du centre de formalités des entreprises (CFE) ou du guichet unique.

Le choix est porté entre 3 statuts :

  • collaborateur
  • salarié,
  • associé ou coexploitant (uniquement dans l'agriculture pour ce dernier cas).

 

Le statut de conjoint-collaborateur est ouvert dans le cas où l'époux(se) ou partenaire de Pacs travaille régulièrement dans l’entreprise, n’est pas rémunéré, ni associé de la société.

Le statut de conjoint-salarié est ouvert dans le cas où l’époux(se) ou partenaire de Pacs travaille dans l’entreprise, est titulaire d’un contrat de travail(CDD ou CDI) et perçoit une rémunération conforme à sa catégorie professionnelle.

Le statut de conjoint-associé est ouvert dans le cas où l’époux(se) ou partenaire de Pacs détient des parts sociales dans l'entreprise (ce qui lui confère un droit de vote lors des assemblées générales de la société) et travaille régulièrement dans l'entreprise.

Le chef d'entreprise ou d'exploitation agricole fait la déclaration du statut de son conjoint ou partenaire travaillant dans l'entreprise ou l'exploitation qu'il dirige, ains que sa modification éventuelle auprès du CFE ou du guichet unique.

Cette déclaration est à effectuer soit lors de la déclaration de la création de l'entreprise, soit lorsque le conjoint ou partenaire commence son activité.

Le conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité, ou concubin qui travaille régulièrement dans l'entreprise ou l'exploitation doit lui produire une attestation sur l'honneur pour confirmer le choix de son statut, lequel peut être modifié à tout moment. Cette attestation, signée, est transmise à l'organisme de sécurité sociale dont relève l'entreprise ou l'exploitation agricole.

Attention à défaut de déclaration, le conjoint du chef d’entreprise se verra automatiquement attribué le statut de conjoint salarié.

Auteur : Laurent Courtecuisse

Contentieux 3 novembre 2021

Clause d’exclusion de garantie : l’exigence de rédaction en               « caractères très apparents » selon la Cour de cassation

 

Cass. civ. 2, 14 octobre 2021, n° 20-11.980

L’ exigence de formalisme de ces clauses d’exclusions est doublement prévue, non seulement, à l’article L. 113-1 du Code des assurances qui prévoit que « Les pertes et les dommages occasionnés par des cas fortuits ou causés par la faute de l'assuré sont à la charge de l'assureur, sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la police ; mais également, et plus précisément, au tout dernier alinéa de l’article L. 112-4 qui pose l’exigence d’une mention « en caractères très apparents ».

Pour la Cour de cassation, la rédaction en « caractères lisibles et gras » des clauses des polices édictant des exclusions de garantie, ne suffit pas nécessairement à répondre à l’exigence de rédaction en « caractères très apparents », laquelle doit « attirer spécialement l'attention de l'assuré sur la nullité qu'elle édictait », c’est ce que les juges du fond doivent contrôler.

Dans l’espèce commentée ici, les conseillers d’appel, pour rejeter la demande en garantie formée contre l'assureur, avaient retenu que la clause d'exclusion litigieuse figurait dans la notice d'information « en caractères lisibles et gras ».

On aurait pu penser que le caractère gras aurait permis, en soi, de répondre à cette exigence d’attirer l’attention de l’assuré. Il n’en est rien.

En effet, pour rappel, jusqu’ici la Cour de cassation considérait qu’une mention en gras avec une police en taille 8 au minimum suffisait à remplir cette exigence.

Ainsi, si le pouvoir d’appréciation appartient aux juges du fond, la Cour de cassation leur rappelle l’obligation d’opérer un contrôle particulièrement strict quant au respect de cette exigence de formalisme dans les contrats litigieux. Ce contrôle est manifestement de plus en plus exigeant.

A notre sens, puisqu’une mention en gras ne suffit plus, il conviendrait également de distinguer ce type de clause du reste du contrat par une transcription dans une couleur autre que le noir (attention la couleur ne doit pas être trop pâle), mais aussi d’opérer un décrochage dans le texte pour les mettre particulièrement en valeur, voire de les encadrer.

Auteur : Laurent Courtecuisse

Droit Social / Sécurité Sociale / Conflits Collectifs 2 novembre 2021

L’employeur peut refuser au salarié d’annuler son départ à la retraite lorsque la demande de rétractation est tardive et sans explications.

Cass. soc., 22 septembre 2021, n°20-11.045, L. c/ Sté Nestlé France

 

Un salarié souhaitant partir à la retraite peut, sous réserve de remplir les conditions légales, choisir de quitter son entreprise afin de bénéficier d’une pension de vieillesse.  

La loi n’impose aucun formalisme sauf si le contrat de travail ou la convention collective prévoient une disposition à ce sujet. Le salarié devant respecter un préavis équivalent au préavis de licenciement, ce dernier doit uniquement prévenir l’employeur suffisamment tôt de son intention.  

Dans la présente espèce, la Cour de cassation s’est prononcée sur la possibilité pour le salarié de changer d’avis et de demander l’annulation de son départ à la retraite de manière tardive et sans explication.  

En l’espèce, un salarié a informé son employeur, le 31 août 2012, de sa volonté de partir à la retraite à compter du 1er janvier 2013. Cependant, le 27 décembre 2012, soit 4 jours avant, il revient sur sa décision et en demande l’annulation, ce que l’employeur a refusé.  

Le salarié a alors décidé de saisir la juridiction prud’homale afin de demander sa réintégration ainsi que les rappels de salaires afférents. Le conseil de prud'hommes y a fait droit, estimant le refus abusif et discriminatoire en raison de son état de santé et de ses activités syndicales.  

Jugement, fort heureusement, remis en cause par la Cour d’appel, laquelle a en revanche a considéré que l’employeur était légitime dans sa position en raison de la volonté claire et non équivoque du salarié de faire valoir ses droits à la retraite, de la tardivité de sa rétractation et de son absence d’explications.  

Arrêt confirmé par la Cour de cassation, retenant que « le refus de l’employeur de tenir compte de la rétractation tardive du salarié ne constituait pas un élément laissant supposer l’existence d’une discrimination en raison de l’état de santé ou de ses activités syndicales ».  

Ainsi, en matière de rétractation tardive, et sauf à ce que le salarié bénéficie d'un motif légitime, l'employeur est en droit de s'en tenir à la demande de départ initialement formée.  

 

Auteur : Arnaud Blanc de La Naulte

Commercial - Contrats 10 octobre 2021

LA BONNE PRATIQUE DES DELAIS DE PAIEMENT ENTRE PROFESSIONNELS

 

Le rapport 2020 de l'Observatoire sur l'évolution des délais de paiement, remis à la fin du mois de septembre au Ministre délégué près du Ministre de l’Economie, présente une situation contrastée.

En effet, les retards de paiement de la part des entreprises du secteur privé se sont dégradés en 2020 du fait de la situation sanitaire. Ainsi, les retards de paiement qui étaient d'un peu plus de 11 jours en janvier 2020 ont dépassé les 15 jours à l'été avant de descendre sous les 13 jours en décembre.

La situation semble toutefois s’être améliorée sur 2021 puisqu’au cours de l’été, le retard moyen constaté était de 12,2 jours en moyenne. C’est toutefois toujours 1 jour de plus qu’avant le début de la crise sanitaire.

Afin de prendre en compte cette problématique, la cotation FIBEN, appréciation que porte la Banque de France sur la capacité d'une entreprise à honorer ses engagements financiers à un horizon de trois ans, sera bientôt affinée par une analyse des délais de paiement. 

Le non-paiement des factures à échéance est évidemment un véritable enjeu financier pour toute entreprise, et il est nécessaire de s’y intéresser.

Pour rappel, la législation en la matière est assez souple et permet aux entreprises de négocier des délais qui correspondent à leurs besoins.

 

1. Des délais encadrés

Le plafonnement des délais de paiement entre professionnels est fixé par les articles L441-10 et suivants du Code de commerce.

Par défaut (sans accord des parties)

-     30 jours à compter de la date de réception des marchandises ou d’exécution de la prestation

Les parties peuvent prévoir :

-      un délai entre 0 et 60 jours ;

-      ou un délai maximal de 45 jours fin de mois à compter de la date d'émission de la facture 

 

Attention toutefois, en cas de facture périodique, le délai convenu ne peut dépasser 45 jours à compter de la date d'émission de la facture.

Le mode de computation du délai de 45 jours fin de mois n'est pas imposé par la loi, il est donc possible de le calculer de deux manières :

  • à compter du jour d’émission de la facture, 45 jours s’ajoutent à l’issue du mois en cours ;
  • à compter du jour d’émission de la facture, on ajoute 45 jours puis la facture sera payable au dernier jour du mois en cours.

 

Le mode de calcul retenu doit toutefois être convenu au préalable entre les parties afin d’éviter toutes contestations ultérieures.

Il est donc possible d’obtenir comme dans l’exemple cité ci-dessus, une réelle différence dans le délai de paiement, et ce uniquement grâce à des conditions négociées entre les parties.

POUR UNE FACTURE EMISE LE 1ER NOVEMBRE

Paiement à 30 jours

Payable le 1er décembre

Paiement à 60 jours

Payable le 31 décembre

Paiement à 45 jours fin de mois

Option 1 : 45 jours à l’issue du mois d’émission de la facture

Option 2 : 45 jours puis payable à la fin du mois en cours

 

Payable le 15 janvier

Payable le 31 décembre

 

Il s’agit donc bien d’un réel levier dans la gestion du besoin en fonds de roulement, qu’il est important d’intégrer dans les négociations avec ses partenaires.

2. Une contractualisation nécessaire

Comme cela a été rappelé précédemment, il est donc important de prévoir des délais de paiement dans vos contrats.

Il est également important de prévoir des pénalités de retard.

Nous vous conseillons donc de mentionner dans vos contrats ou vos CGV:

  • le délai de paiement de vos factures ;
  • les pénalités de retard de paiement ;
  • un rappel de l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement

 

3. L’information du cocontractant

Afin que ces conditions de règlement soient applicables entre les parties, il est nécessaire qu’une parfaite information ait été faite.

Si vos délais de paiement et les pénalités associées sont prévus dans vos conditions générales de vente (CGV), il est donc impératif de les adresser préalablement à la facturation, donc au moment de la formation du contrat avec votre client (lors de l’émission de votre devis ou lors de la passation de la commande par le client).

Afin de vous ménager la preuve de l’acceptation par votre cocontractant de ces conditions particulières, il est important d’obtenir une copie signée des CGV, et ce sur l’ensemble des pages qui les comprennent.

4. Sanction du non-respect des délais de paiement par les entreprises

Les sociétés dont les comptes annuels sont certifiés par un commissaire aux comptes sont tenues de communiquer, dans le rapport de gestion, les informations relatives aux délais de paiement.

Le non-respect des délais de paiement est passible d'une amende administrative, laquelle peut atteindre 2 millions d'euros.

Par ailleurs, il est possible d’imposer la publication des sanctions de la DGCCRF dans la presse, aux frais de l'entreprise, en complément à la publication sur le site internet même de la DGCCRF.

Si de manière exceptionnelle, vous n’étiez pas en mesure de respecter le délai de paiement de votre fournisseur, il convient de se munir des éléments justificatifs pour le cas où vous devriez subir un contrôle de la part des autorités.

5. Le recouvrement de créance

Si à échéance une facture n’est pas réglée, il est important de mettre en demeure le client de régler la facture due.

En effet, un courrier de mise en demeure est l’acte obligatoire à réaliser avant toute saisine des juridiction judiciaire. C’est également ce courrier qui permet de faire courir les intérêts de retard.

Si le défaut de paiement persiste malgré cette mise en demeure et sous réserve que la créance soit certaine, liquide, exigible et non contestée par le client, il existe une procédure rapide pour en obtenir le règlement devant le Tribunal de commerce : il s’agit de la procédure de référé (environ 4 à 6 mois pour obtenir une décision).

Il existe donc des solutions en cas de défaut de paiement de la part de vos clients et le cabinet NMCG, spécialisé dans le contentieux contractuel, peut vous accompagner pour cadrer ces aspects dans vos contrats et/ou recouvrer vos créances.

Le cabinet NMCG et toutes ses équipes se tiennent à votre entière disposition pour toutes questions relatives à vos délais de paiement et vous accompagne dans tous vos contentieux commerciaux.    

 

Auteur : Laurent Courtecuisse

Commercial - Contrats 3 octobre 2021

LOI CLIMAT : UNE SERIE DE NOUVELLES PROTECTIONS DES CONSOMMATEURS

La loi n°2021-1104 du 22 août 2021 « portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets » instaure de nouvelles mesures destinées à protéger les consommateurs, tout en ayant pour objectif de renforcer les contraintes des entreprises au regard de leur impact sur l’environnement.

EN RESUME :

-   Le consommateur devra être informé par voie d’affichage sur l’impact environnemental de certains biens et services.

-   Il sera interdit de fournir un échantillon au consommateur sans qu’il l’ait demandé.

-   Au 1er janvier 2030, les magasins de plus de 400 m2 devront consacrer à la vente en vrac au moins 20 % de leur surface de vente ou un dispositif d’effet équivalent.

-   Les magasins de plus de 400 m2 devront informer les consommateurs sur la saisonnalité des fruits et légumes frais proposés à la vente.

-   La publicité en faveur des énergies fossiles et des voitures neuves les plus polluantes sera interdite et celle pour les produits ayant un fort impact environnemental devra contenir une information sur cet impact.

-   La distribution à domicile de prospectus publicitaires non adressés sera interdite à titre expérimental et pour 3 ans dans certaines communes.

-   L’obligation de fournir des pièces détachées sera étendue à de nouveaux secteurs et couvrira toute la durée de commercialisation des produits concernés, ainsi qu’une période complémentaire d’au moins 5 ans après la mise sur le marché de la dernière unité du modèle.

 

ZOOM SUR 3 DISPOSITIONS :

  • Affichage de l’impact environnemental des biens et services
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L’information apportée devra faire ressortir, de façon fiable et facilement compréhensible pour le consommateur, l’impact environnemental des biens et services considérés sur l’ensemble de leur cycle de vie. notamment en termes d’émissions de gaz à effet de serre, d’atteintes à la biodiversité et de consommation d’eau et d’autres ressources naturelles.

Une première phase d’expérimentation de 5 ans doit débuter d’ici à la fin de l’année 2021 s’agissant des secteurs du textile d’habillement, des produits alimentaires, de l’ameublement, de l’hôtellerie et des produits électroniques, notamment afin de mettre au point les différentes méthodes d’évaluation.  

Tout manquement à ces obligations d’affichage sera passible d’une amende administrative comprise entre 3 000 € et 15 000 €.

  • Interdiction de fournir des échantillons
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Au plus tard le 1er juillet 2022, il sera interdit de fournir à un consommateur, sans demande de sa part, un échantillon de produit dans le cadre d’une démarche commerciale.

Cette interdiction ne s’appliquera toutefois pas au secteur de la presse magazine, l’acte d’achat ou d’abonnement à une publication de presse emportera présomption de demande de la part du consommateur des éventuels échantillons que cette publication peut contenir.

  • Obligations de fournir des pièces détachées
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La loi « pour l’économie circulaire » a renforcé l’obligation de fournir des pièces détachées en ce qui concerne les producteurs d’équipements électroménagers, de petits équipements informatiques et de télécommunications, d’écrans et de moniteurs.

La loi « Climat » complète ces dispositions et crée une obligation similaire à la charge des fabricants et des importateurs d’outils de bricolage et de jardinage motorisés, d’articles de sport et de loisirs, y compris les bicyclettes, de bicyclettes à assistance électrique et d’engins de déplacement personnel motorisés.

Ainsi, à compter du 1er janvier 2022 en ce qui concerne les secteurs visés par la loi « pour l’économie circulaire » et du 1er janvier 2023 pour les autres secteurs, les fabricants et producteurs devront, pour une liste de produits fixée par voie réglementaire, assurer la disponibilité des pièces détachées pendant la période de commercialisation du modèle concerné ainsi que pendant une période minimale complémentaire de 5 ans après la date de mise sur le marché de la dernière unité de ce modèle.

 

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LOI CLIMAT : IMPACT SUR LE DROIT DES SOCIETES

La loi du 22 août 2021 comporte peu de mesures en droit des sociétés, mais certaines de ses dispositions ont une incidence en la matière.

Est ainsi créé un droit de préemption s’appliquant notamment aux opérations portant sur des immeubles situés situé dans une zone exposée au recul du trait de côte, c’est-à-dire à l’érosion du littoral.

Ce droit de préemption s’appliquera aux opérations suivantes :

  • l’aliénation à titre onéreux d’un immeuble ou partie d’immeuble (bâti ou non) Ce cas comprend donc l’apport en nature d’un bien à une société ;
  • l’apport en société de droits sociaux donnant vocation à l’attribution en propriété ou en jouissance d’un tel immeuble ou partie d’immeuble, ainsi que la cession de ces droits sociaux ;
  • la cession de la majorité des parts d’une société civile immobilière (SCI) lorsque le patrimoine social est constitué d’un immeuble ou partie d’immeuble (bâti ou non) dont la cession relèverait elle-même du droit de préemption relatif au recul du trait de côte.

Il en ira de même de la cession de parts conduisant l’acquéreur à détenir la majorité des parts d’une telle SCI.

Cette disposition ne concernera toutefois pas les SCI constituées exclusivement entre parents et alliés jusqu’au quatrième degré inclus, c’est-à-dire jusqu’aux cousins germains.

Auteur : Laurent Courtecuisse

M&A - Financements 25 septembre 2021

ENTREE EN VIGUEUR DU NOUVEAU REGIME PRUDENTIEL PROPRE AUX ENTREPRISES D’INVESTISSEMENT

 

Dans une publication du 1er juillet 2021, l’ACPR rappelle qu’un nouveau régime prudentiel s’applique depuis le 26 juin 2021 aux entreprises d’investissement.

Historiquement soumises au même régime que les établissements de crédit, les entreprises d’investissement font désormais l’objet d’un contrôle prudentiel adapté. En effet, dans une publication du 1er juillet 2021, l’ACPR rappelle que depuis le 26 juin, les entreprises d’investissement ont basculé dans un nouveau cadre réglementaire prenant mieux en compte les risques spécifiques attachés aux services d’investissement.

Ce nouveau régime est compris dans un règlement (Règlement n°2019/2033, dit « IFR ») et une directive (Directive n°2019/2034, dit « IFD ») publiés par la Commission européenne le 5 décembre 2019.

La nouvelle réglementation distingue 3 classes d’entreprises d’investissement :

Les entreprises d’investissement appartenant à la classe 1 sont celles qui ont une taille leur conférant une importance systémique. Cette classe 1 se divise en deux sous-catégories.

- D’une part, les entreprises d’investissement dont le bilan est supérieur à 30 milliards d’euros, sont traités comme les grands établissements de crédit et sont donc soumises au mécanisme de surveillance unique (MSU) ;

 - D’autre part, la classe 1 comprend les entreprises d’investissement dont le bilan est compris entre 15 et 30 milliards d’euros. A la différence des entreprises d’investissement dont le bilan est supérieur à 30 milliards d’euros, celles ayant un bilan compris entre 15 et 30 milliards ne sont pas assimilés à des établissements de crédit. Cependant, elles resteront soumises au cadre réglementaire et prudentiel applicable aux établissements de crédit : CRR / CRD4.

La classe 2 est composée des entreprises d’investissement de taille intermédiaires. C’est pour elles que le changement sera le plus important puisqu’elles sont soumises à un régime prudentiel ad hoc fondé sur un nouveau mode de calcul des exigences de fonds propres : le système des facteurs « K ». En plus de cette nouveauté afférente aux fonds propres, elles seront soumises à de nouvelles exigences de liquidités et de reporting.

Les petites entreprises d’investissement forment la classe 3. Le nouveau régime prudentiel dans lequel évolueront ces petites entreprises d’investissement est largement simplifié et allégé leur octroyant notamment le bénéfice d’importantes exemptions.

Cette nouvelle réglementation introduit des éléments de régulation novateurs, notamment le système dits « facteurs K » qui permet de calculer les exigences de fonds propres et dont les conséquences porteront à titre principal, sur les entreprises d’investissement intermédiaires (classe 2).

Toutefois, pour ces dernières, l’exigence de fonds propres correspond désormais au montant le plus élevé entre :

- l’exigence globale au titre des facteurs K ;

- le quart des frais généraux ;

- l’exigence de capital minimum permanent.

Une autre nouveauté notable concerne les entreprises d’investissement intermédiaires et petites (classe 2 et 3). Il s’agit d’une obligation de détenir un montant d’actifs liquides permanents correspondant à au moins un mois de frais généraux.

La nouvelle réglementation IFR / FD répond à une volonté et un besoin d’adapter le cadre réglementaire et prudentiel dans lequel évoluent les différentes catégories d’acteurs financiers aux risques et pratiques propres à chacune d’entre elles.

 

Auteur : Laurent Courtecuisse