Portrait d’avocat : Maureen Curtius
3 juillet 2024
- Vous faites partie des utilisateurs de LinkedIn, pensez-vous qu’aujourd’hui les avocats doivent prendre en main de plus en plus ce genre d’outil de communication ?
Absolument, LinkedIn et autres outils de communication digitale sont devenus indispensables pour les avocats. Ils permettent de renforcer sa présence professionnelle, de partager des actualités juridiques et d’établir des connexions précieuses. Ces plateformes aident à rester informés des dernières évolutions dans le domaine juridique mais également concernant l’activité de nos clients.
- Vous êtes spécialisée en Droit social, mais exercez également en Droit pénal. Trouvez-vous des points communs entre ces deux domaines ?
À mon sens, les deux domaines partagent une préoccupation centrale pour les droits individuels et les relations humaines. La compréhension des interactions humaines et des dynamiques sociales est cruciale dans les deux domaines.
Ce que j’aime également dans ces deux matières, c’est le fait que la plaidoirie reste importante. Que ce soit en pénal ou en droit social, mon approche est centrée sur le client, associée à une préparation minutieuse et à une présentation claire et persuasive des faits et du droit.
- Le métier d’avocat est complexe. Comment parvenez-vous à maintenir une attitude positive dans des situations de travail stressantes ?
J’essaie de prendre du recul par rapport aux situations complexes. Il est essentiel de relativiser les situations stressantes et de se concentrer sur les solutions – même si elles ne sont pas immédiatement évidentes – plutôt que sur les problèmes.
Le soutien de l’équipe et une organisation efficace de mon temps sont aussi des éléments clés pour gérer la pression.
- Vous animez formations et webinars au sein du cabinet. Avez-vous déjà pensé à donner des cours dans des universités ?
J’aime partager mes connaissances et former les futurs professionnels du droit. Enseigner à l’université serait une belle opportunité de contribuer à la formation des étudiants, de rester à jour sur les dernières recherches académiques et de développer mes compétences pédagogiques. Cependant, le temps me manque actuellement pour m’engager pleinement dans cette activité supplémentaire…
- À votre avis, y a-t-il encore des clichés ou des idées préconçues sur les avocats ? Comment pensez-vous que l’on pourrait les déconstruire ?
Il y a tant de clichés sur les avocats alimentés notamment par les séries. J’ai été amusée, en regardant Suits où des deals à des millions d’euros se font sur un coin de bureau (toujours parfait sans une feuille qui dépasse) en deux minutes.
Beaucoup pensent que les avocats cherchent uniquement le profit ou qu’ils compliquent volontairement les choses. Or, les avocats préfèrent souvent les règlements amiables pour éviter des conflits et procédures prolongés. En outre, ils s’efforcent de rendre la loi compréhensible et de la simplifier pour leurs clients.
Certains pensent que nous passons notre temps devant les juridictions. En réalité, beaucoup de temps est consacré à la préparation de dossiers, à la recherche juridique et aux consultations clients.
Communiquer sur notre profession et nos actions permettra de déconstruire ces clichés et bien d’autres.
- L’état psychologique de vos clients joue-t-il un rôle important dans votre quotidien ? Comment adaptez-vous votre approche pour répondre à leurs besoins émotionnels ?
L’état psychologique de mes clients influence sur leur capacité à participer activement à leur défense. En effet, ils peuvent parfois être « dans l’émotion » et n’ont pas forcément le recul nécessaire. J’écoute leurs préoccupations, je les aide à rationaliser – juridiquement – leur position et je travaille avec eux pour trouver des solutions adaptées à leurs besoins spécifiques.
- Nous savons que vous venez souvent à vélo au travail. Qu’est-ce qui vous motive à choisir ce mode de transport et quels en sont les bénéfices pour vous ?
Venir à vélo est bien plus agréable que de prendre le métro, et ce d’autant qu’il y a de plus en plus de pistes cyclables. Cela me permet de commencer la journée de manière active et de décompresser/déconnecter en fin de journée. Ainsi, je peux également réduire mon empreinte carbone. Je peux même me rendre dans certaines juridictions en vélo ce qui me permet d’avoir une flexibilité dans mon organisation.
- Enfin, pouvez-vous partager avec nous vos livres ou podcasts préférés, notamment dans le genre policier ou thriller ? Pourquoi aimez-vous autant ce genre de sujets ?
En ce qui concerne la lecture, les romans policiers de Karine Giebel sont parmi mes favoris. Il s’agit de romans policiers et de thrillers. Ames sensibles s’abstenir : ses livres sont caractérisés par une atmosphère sombre, des intrigues intenses et une exploration profonde de la psychologie des personnages.
J’aime beaucoup écouter le podcast « Fleur d’avocat ». C’est une source d’inspiration et de motivation incroyables car il donne la parole à des avocats « bien dans leurs robes » qui partagent leurs parcours, leurs défis et leurs succès. Entendre les expériences variées de mes confrères et consœurs m’aide à trouver de nouvelles perspectives et idées pour ma propre pratique, et me rappelle pourquoi j’ai choisi cette belle profession.
Un autre podcast que j’apprécie est « Chroniques Criminelles ». Les récits détaillés de véritables affaires criminelles m’aident à comprendre les aspects pratiques et psychologiques des enquêtes et des procédures judiciaires. Cela enrichit ma vision des cas que je traite.

