Portrait d’avocat : Charlotte Souci-Guedj

Écrit le
29 décembre 2023

Qu’est-ce qui vous a initialement attirée vers le droit de la santé et la réparation juridique du dommage corporel ?

Lorsque j’ai prêté serment, j’avais une pratique généraliste, ce qui m’a permis de me former, et d’acquérir une large expérience.

Cela étant dit, j’ai rapidement compris que l’exercice de ma profession nécessitait de se spécialiser, cela étant d’autant plus vrai à l’époque actuelle.

Je me suis donc interrogée sur les matières qui emportaient mon intérêt et la réparation juridique du dommage corporel / droit de la santé est apparu comme une évidence.

J’ai toujours eu un fort attrait pour la santé et la médecine. J’avais d’ailleurs, en qualité d’élève avocat, effectué mon stage PPI (Projet pédagogique individuel) au sein du service juridique du CHU de NICE.

Dans la mesure où le droit me passionne, ces matières étaient donc parfaites pour moi.

En effet, la réparation juridique du dommage corporel notamment touche à tous les domaines du droit, selon l’origine et les causes du dommage ayant entraîné le préjudice.

Je suis ainsi régulièrement amenée à jongler avec les règles de responsabilité médicale, ou liées aux produits défectueux, à la loi Badinter (accident de circulation), à décortiquer des contrats d’assurances (accident de la vie, garantie prévoyance), à me pencher sur le Code du travail et de la sécurité sociale (accident de travail et maladies professionnelles), etc…

Cela touche donc toutes les juridictions, tant civiles que pénales ou administratives et toutes les procédures, et exige d’être réellement polyvalent.

Toutes ces raisons m’ont naturellement poussée vers ces domaines du droit.

 

En quoi la spécialisation dans le droit de la santé et la réparation du dommage corporel a-t-elle enrichi votre approche en tant qu’avocate ?

L’enrichissement est tant professionnel qu’humain.

Sur le plan professionnel, il s’agit de matières en constantes évolutions. La jurisprudence est très riche. Cela oblige à une veille constante.

Comme expliqué, tous les domaines du droit étant concernés par la réparation juridique du dommage corporel et le droit de la santé, j’ai de ce fait une bonne maitrise de l’ensemble des procédures et contentieux.

Sur le plan humain, naturellement, cela apporte énormément. La santé reste finalement la préoccupation principale et essentielle de chacun. Certaines expressions consacrées le confirment « bonne santé », « tant qu’on a la santé »…

Il faut trouver le juste milieu, permettant l’empathie, mais également le recul suffisant pour répondre aux exigences de ce domaine du droit.

 

Quels sont les défis spécifiques que vous rencontrez en travaillant dans un domaine en constante évolution, et comment les surmontez-vous ?

Je pense que l’évolution existe dans tous les domaines du droit. Néanmoins, mes matières ont cela de spécifique que les évolutions ne sont pas toujours respectées par mes interlocuteurs et c’est en cela que je me vois confrontée à un « défi ».

Je m’explique. Dans le cadre de mon exercice, je suis amenée, quotidiennement, à être en lien avec des instances administratives, avec des compagnies d’assurance, à des médecins, qu’ils soient experts judiciaires ou mandatés par les compagnies (dans un cadre amiable).

La difficulté est de parler le même langage. Notre formation devrait être la même, mais cela n’est pas le cas.

Il n’est alors jamais facile de parler droit, revirement de jurisprudence, évolution législative avec un médecin qui n’entend de son côté qu’une réalité purement technique et médicale, et qui refuse d’appliquer une réalité juridique.

Il est donc nécessaire de toujours être en alerte de l’évolution du droit, de se former constamment, et de ne pas hésiter à défendre ses opinions pour assurer la meilleure défense possible à ses clients.

Je m’entoure par ailleurs de professionnels en qui j’ai confiance, et qui se révèlent être des appuis précieux dans leurs domaines d’expertise en cas de besoin.

 

Comment vos diplômes en réparation du dommage corporel et en aspects médicaux sociaux du traumatisme crânien ont-ils enrichi votre expertise juridique et facilité votre communication avec les professionnels de la santé ainsi qu’avec vos clients ?

Cela m’a paru non seulement normal, mais également essentiel d’obtenir ses diplômes, complémentaires à mon diplôme d’avocat.

Il ne paraissait pas possible de pouvoir parler de santé, de médecine, sans en comprendre le sens.

Ce qu’il faut savoir, c’est que ces cursus sont dispensés en faculté de médecine. J’ai donc été au contact de professionnels de santé qui souhaitaient également se spécialiser en expertise, ou au traumatisme crânien.

Naturellement, mes connaissances sont limitées, mais j’ai saisi le langage médical via ces cursus. J’ai également appréhendé la vision qu’adopte le corps médical, qui il faut dire est diamétralement opposé à l’à la vision et au langage des juristes.

Cela m’a permis de comprendre les mécanismes des médecins et professionnels de santé en expertise, et comment ils établissent leurs conclusions.

Cela a enrichi mon expertise juridique, car cela m’a permis de comprendre les aspects médicaux de chacun de mes dossiers, découlant sur les aspects juridiques.

Cela me permet également d’avoir une légitimité certaine envers les professionnels de santé à l’encontre desquels je suis susceptible de me confronter.

Bien entendu, il ne s’agit pas de jouer au médecin, cela n’est pas mon rôle. Mais cela empêche malgré tout que l’on me considère comme une profane.

Enfin, envers mes clients, et notamment, les personnes victimes de traumatismes crâniens, cela me permet rapidement de détecter les signes d’une telle pathologie.

Parfois alors que mon client lui-même ignore en avoir été victime. Bien souvent, j’oriente mon client vers des professionnels qualifiés, qui détectent les signes d’un traumatisme crânien léger.

Il s’agit de séquelles invisibles, vue de l’extérieur, et très souvent, invisibles à l’imagerie, lorsque le traumatisme crânien est léger. Pour autant, cela engendre de lourdes conséquences, qui pourraient ne pas être réparées si le diagnostic n’était pas posé dans les temps. Cela est donc primordial de pouvoir avoir ces notions, qui sont totalement complémentaires à mes connaissances juridiques.

 

Travailler dans des affaires liées à la santé et aux dommages corporels peut être émotionnellement exigeant. Comment prenez-vous soin de votre bien-être émotionnel tout en gérant ces aspects sensibles de votre travail ?

Effectivement, il s’agit d’un domaine émotionnellement prenant. Il est indispensable de parvenir à faire la part des choses, et laisser ses problématiques professionnelles en rentrant chez soi. Si je n’y parvenais pas, il me serait impossible d’être efficace et prête à défendre les intérêts de mes clients chaque jour.

Cela étant dit, je me laisse souvent déborder par mon implication, et ma volonté de faire reconnaître le droit de mes clients.

Mon bien-être émotionnel passe en tout premier lieu par ma stabilité familiale, mon mari, mes enfants.

J’ai également des passions qui me permettent de me défouler, et arrivée remontée à bloc au travail. Je pense qu’il est indispensable, pour être efficace, d’être capable de se réserver du temps pour soi, sans quoi, la fatigue, le stress prendrait le pas sur la concentration et la motivation.

 

Quelle est la chose la plus surprenante ou inattendue que vous ayez apprise en travaillant dans le domaine du droit de la santé ?

La période COVID a été particulièrement surprenante et inattendue, pour quelqu’un comme moi qui pratique dans le domaine de la santé.

De manière plus légère, j’ai appris qu’un patient, que je ne connais pas, avait été capable de simuler une tétraplégie pour obtenir une importante indemnisation.

Bien entendu, une enquête avait été menée, et le pot aux roses avait rapidement été découvert. J’ai été amusée de constater jusqu’où étaient capables d’aller certaines personnes, et cela m’a également permis de comprendre la méfiance de mes multiples interlocuteurs en la parole des victimes.

 

Comment contribuez-vous à des initiatives ou à des causes sociales dans le cadre de votre pratique professionnelle ?

Il m’arrive fréquemment de faire des interventions gratuitement, au sein d’associations, ou auprès de médecins, pour répondre à des interrogations, donner des conseils par exemple.

Il m’est également déjà arrivé de traiter des dossiers pro Bono.

Par ailleurs, le Cabinet est mécène d’une association nommée Global Heart Watch, qui a pour objet la lutte contre la mort subite de l’adulte par arrêt cardiaque.

L’association a pour but de sensibiliser la population aux gestes qui sauvent et soutenir la recherche scientifique dans le domaine de la santé cardiaque.

Dans ce cadre, j’ai favorisé la mise en relation entre l’association et la mairie de la Colle Sur Loup, afin qu’une opération de sensibilisation aux gestes qui sauvent puisse avoir lieu. Elle devrait se tenir en janvier prochain, et permettre de former plusieurs dizaines de personnes aux gestes qui sauvent.

 

Comment décompressez-vous après une journée intense de travail dans un domaine aussi exigeant que le vôtre ?

Le plus souvent, je suis en famille avec mes enfants. Ils jouent, rigolent, me racontent leur journée, et cela me permet rapidement de laisser ma journée de travail derrière moi.

J’aime cuisiner, cela vide la tête.

La musique est également salvatrice.

 

Pouvez-vous nous parler de la présence nationale du Cabinet NMCG et notamment de son implantation à La Colle sur Loup ? En quoi cette localisation particulière contribue-t-elle à la stratégie globale du Cabinet dans ses activités juridiques ?

Le Cabinet NMCG est en constant développement. Nous avançons, ayant toujours à l’esprit de nous entourer de gens qui nous ressemblent, qui ont la même vision que nous de la profession d’avocat.

Être présent dans des grandes villes est naturellement indispensable, c’est pourquoi, le Cabinet a vocation à s’agrandir, et s’implanter dans d’autres grandes villes en France.

Mais en parallèle, les plus petites localités offrent de leur côté des atouts que ne permettent pas les grandes agglomérations.

Nous avions à cœur d’avoir une implantation locale. Me PEROUX et moi-même avons toujours vécu à St Paul de Vence/ La Colle Sur Loup.

C’est une localisation très riche d’entrepreneurs, en plein développement. Il était indispensable pour nous d’apporter notre expertise au niveau local, de créer un réseau qualitatif avec nos « voisins ».

Cela correspond parfaitement à la stratégie de développement du Cabinet NMCG, qui se veut à la fois présent au niveau national, avec des connexions à l’international, mais également à taille « humaine », proche du chef d’entreprise, proche de ses clients.

Par ailleurs, il s’agit d’un Cabinet secondaire, au Cabinet principal qui se trouve à NICE. Cela permet deux points d’accueil pour nos clients, et un cabinet inter barreau NICE/GRASSE.

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