Portrait d’Agathe Blanc de la Naulte
17 mars 2026
Vous avez décidé de reprendre la tête de l’équipe « droit social » à Paris, menée jusqu’ici par votre époux. Pourquoi ?
Intégrer NMCG était prévu à court terme : j’étais inscrite dans les statuts et nous avions organisé cette transmission. Les circonstances ont simplement accéléré un processus déjà anticipé.
Ce choix m’a donc paru comme une évidence après la disparition de mon mari. Personne ne remplace une autre personne et certainement pas quelqu’un comme Arnaud. Mais un projet lui, peut se prolonger et s’enrichir.
Je suis moi-même avocate en droit social depuis 27 ans. J’ai étroitement suivi la création et le développement du cabinet fondé par mon mari pendant 18 ans. Je connais par ailleurs très bien les associés du cabinet, ayant travaillé avec eux il y a une dizaine d’années dans mon précédant cabinet.
J’ai fait le choix de continuer le travail engagé pendant toutes ces années avec passion et détermination par Arnaud et son équipe. L’élan et la capacité à rebondir ont toujours présidé au développement de NMCG. J’ai voulu préserver cet esprit d’agilité et de résilience. Cette capacité à faire face aux obstacles et à aller de l’avant plutôt que se morfondre et laisser place à l’immobilisme.
J’ai aussi voulu continuer à porter l’exigence technique, l’audace stratégique et l’engagement sans faille au service des clients qui sont la marque de fabrique et la force de NMCG, tout en y apportant ma patte et ma sensibilité.
Mon intégration au sein du cabinet s’est faite très naturellement car je partage les mêmes valeurs et la même ambition que ses associés : défendre les clients avec rigueur, engagement et pragmatisme. Et travailler entre nous dans un esprit d’équipe, en privilégiant toujours l’humain, la cohésion et la bienveillance.
Avec quel état d’esprit abordez-vous cette intégration ?
Je suis parfaitement consciente des enjeux devant moi, à la fois sur le plan humain, organisationnel et stratégique. Je les aborde avec lucidité et détermination. Fédérer l’équipe autour de moi, maintenir la cohésion et impulser une dynamique maîtrisée et coordonnée constituent des conditions essentielles pour nourrir et faire grandir le projet du cabinet.
Mon état d’esprit est simple : poursuivre le chemin tracé et conduire le département droit social le plus loin possible en proposant aux clients un service toujours plus abouti et performant, sans rupture avec l’existant.
Je suis très heureuse et très fière de contribuer à porter ce projet collectif et suis convaincue que l’avenir du cabinet se construira grâce à la fiabilité de ses fondations et à notre capacité à les faire évoluer intelligemment.
Le droit social est historiquement au cœur de NMCG. Comment envisagez-vous la continuité du projet porté par le cabinet dans cette matière ?
Je l’envisage avec un focus résolument porté sur l’innovation et notre capacité à nous adapter aux constantes évolutions du droit social. Nous allons continuer à anticiper les réformes, intégrer rapidement les nouvelles jurisprudences et apporter à nos clients des réponses opérationnelles, adaptées à leurs enjeux stratégiques et humains.
Je pratique le droit social avec conviction et engagement depuis 27 ans et souhaite continuer à positionner cette pratique du cabinet parmi les meilleures du marché.
Je vais continuer à superviser les dossiers et les équipes avec exigence, technicité et implication.
Comment organisez-vous le travail pour garantir l’excellence technique, la réactivité et la cohésion de votre équipe ?
Je suis intimement convaincue que la performance collective repose sur la responsabilisation et la reconnaissance des talents. Mon équipe a toujours démontré un très haut niveau de service et a fait ses preuves dans la gestion de dossiers extrêmement complexes en droit social. Cette exigence est profondément ancrée dans la culture de mes collaborateurs et demeurera ma priorité. J’ai toute confiance en eux et continuerai à valoriser leurs initiatives.
Pour tenir le niveau d’excellence qui la caractérise, mon équipe maintiendra une vigilance constante des évolutions législatives, réglementaires et jurisprudentielles, afin d’en mesurer immédiatement les impacts potentiels pour les clients et leur proposer des réponses anticipées et sécurisées. Dans un environnement juridique extrêmement mouvant, cette capacité d’anticipation constitue un enjeu central.
Et pour maintenir la cohésion d’équipe, je ferai très attention à développer les collaborateurs, favoriser leur montée en compétence et structurer leurs parcours.
Mon objectif est clair : conjuguer stabilité, excellence et progression continue, pour offrir aux clients un accompagnement toujours plus solide et aux équipes un environnement de travail stimulant, sain et épanouissant.
Dans un contexte économique et social de plus en plus tendu, quels sont les principaux enjeux auxquels font face les employeurs ? Et comment les accompagner ?
Les employeurs doivent aujourd’hui concilier sécurité juridique, performance économique et responsabilité sociale, dans un environnement normatif complexe et socialement sensible.
Face au ralentissement de certains secteurs, aux mutations industrielles et à la transformation des modèles économiques, les entreprises doivent ajuster leurs organisations tout en maîtrisant le risque social et réputationnel. Leurs enjeux sont notamment liés aux PSE, aux ruptures conventionnelles collectives, aux accords de performance collective et aux mobilités internes et internationales.
Dans un climat social tendu, le dialogue social devient également de plus en plus stratégique. L’anticipation et la qualité du dialogue avec les CSE et la gestion des grèves et mouvements collectifs sont devenues de véritables leviers de stabilité.
La responsabilité de l’employeur en matière de santé au travail reste également très lourde (burn-out, risques psychosociaux etc). En parallèle, les attentes des salariés évoluent : ils souhaitent davantage de flexibilité, de sens au travail et un équilibre vie professionnelle / personnelle.
Les entreprises doivent aussi intégrer les évolutions constantes du code du travail et les nouvelles règlementations liées notamment aux données personnelles (RGPD) et au devoir de vigilance / RSE (respect de l’environnement et des droits humains).
Enfin, les employeurs doivent sécuriser leurs modèles face aux risques de requalification, du fait des nouvelles formes de travail (télétravail et travail hybride, plateformes et indépendants, IA, automatisation etc.).
L’ensemble conduit à davantage de contentieux prud’homaux et d’actions collectives plus ou moins médiatisées.
Nous accompagnons nos clients comme de véritables « business partners » afin de leur permettre de développer leurs entreprises le plus sereinement possible, malgré tous ces challenges.
Comment voyez-vous le futur du Cabinet ?
Je vois le futur du cabinet de la manière suivante : nous allons continuer à croître à la fois sur le plan géographique et en expertises, pour continuer à concurrencer les cabinets d’affaires de premier plan. Nous allons notamment renforcer nos pratiques en M&A/Corporate, propriété intellectuelle et compliance, et à l’international, pour répondre aux besoins croissants exprimés par les clients dans ces matières.
A plus long terme, je sais que nous continuerons à nous démarquer, notamment grâce aux actions que nous mènerons en matière d’environnement, de social et de gouvernance (ESG).
Notre défi sera de maintenir l’agilité et l’ADN du cabinet (proximité, relation personnalisée, valeurs humaines) malgré la croissance.
